Naturopathie

L’importance du terrain pour une bonne immunité

La période actuelle est encore à l’épidémie de Coronavirus, et il me semble que le discours ambiant ne parle pas assez de l’immunité.

Tout le monde parle du confinement et des gestes barrière d’un côté, de l’autre côté d’un futur traitement ou vaccin, mais personne ne parle de la santé globale des individus, alors même qu’on voit que les sujets les plus à risque de développer des formes graves de la maladie sont ceux ayant déjà un terrain dégradé : obésité, diabète ou autre déséquilibre.

J’ai déjà écrit un article « réactionnel » à la ruée sur les pâtes, mais aujourd’hui je souhaite revenir un peu plus aux bases, puisqu’en naturopathie on cherche toujours la cause de la cause de la cause. Je voulais mieux expliquer l’importance du terrain sur l’immunité. Ceci est valable pour l’épidémie actuelle mais aussi pour toute épidémie ou infection hivernale ou non.

Mais d’abord, qu’est-ce que l’immunité ?

L’immunité c’est la capacité de notre corps à nous défendre à chaque instant contre les agents extérieurs pathogènes : virus, bactéries, parasites.

Si votre système immunitaire est performant, il vous permettra de résister notamment contre les nombreuses affections hivernales (gastro-entérites, rhumes, grippe). Mais un bon système immunitaire vous permettra aussi de mieux lutter contre des maladies dégénératives comme le cancer.

Mais alors pourquoi certaines personnes, jeunes et apparemment en bonne santé, « attrapent tout ce qui passe », alors que d’autres semblent bien plus résistantes malgré parfois un âge plus avancé ?

L’importance du terrain

Le Docteur Antoine Béchamp l’a dit au XIXème siècle, phrase qui aurait été reprise par Pasteur peu avant son décès :

« Le microbe n’est rien, le terrain est tout »

Mais qu’est-ce que le terrain ?

On pourrait comparer le terrain à un terroir en agriculture : la qualité du sol, sa richesse en minéraux et micro-organismes, le micro-climat qui s’y trouve…

Pour un être humain, le terrain est la composante de plusieurs facteurs :

  • Notre constitution, soit l’hérédité qui nous est transmis à la naissance.
  • Notre tempérament ou structure pathologique, qui est un indicateur de l’état de la personne. Il annonce les fragilités et les forces des différents organes, qui influencent le comportement tant psychologique que physiologique tout au long de la vie.
  • La toxémie, c’est l’encrassement des liquides organiques. Il y a deux formes de toxémie soit :
    1. Intoxination ou l’intoxication endogène (ou Toxines)
    2. Intoxication exogène (ou Toxiques)

En résumé le terrain c’est l’état d’un individu à un moment précis, d’équilibre ou de déséquilibre, et ce sur tous les plans (physique, psychologique…). Votre terrain vous rendra plus ou moins sensible aux agressions extérieures à un moment donné.

Qu’est-ce qui affaiblit votre terrain ?

Nous l’avons vu, le terrain est en partie héréditaire donc génétique. Mais en grande proportion, c’est votre hygiène de vie toute entière, votre mode de vie, qui affecte, positivement ou négativement, votre terrain : alimentation, sommeil, activité physique, stress et environnement. Tous ces paramètres influencent donc la qualité de votre système immunitaire.

Si votre terrain est au top, que vous mangez, dormez et bougez bien, n’êtes pas stressé et vivez dans un environnement sain (non pollué), vous avez toutes les chances d’avoir un système immunitaire performant qui vous permettra de lutter contre toute infection.

Si votre terrain est déséquilibré, que ce soit par trop de stress et un manque de sommeil, ou pas trop de sédentarité, ou encore une alimentation anarchique, ou un cumul de tout cela, votre système immunitaire sera bien plus affaibli.

Pourquoi ? Tout simplement parce que tous ces critères jouent sur la présence des micronutriments essentiels dans votre organisme : oligo-éléments, vitamines et minéraux sont des cofacteurs essentiels du système immunitaire, qui permettent son action (comme les petits lutins du Père Noël). Or le moindre déséquilibre va créer une carence, puis des carences en cascade de ces éléments. L’inflammation de votre corps et le déséquilibre de votre microbiote vont aussi être clé dans votre immunité.

Par exemple, vous avez une mauvaise alimentation et pas assez d’oxygénation ? Le corps s’acidifie et se déminéralise, les carences en vitamines s’accumulent, vous manquez d’acides gras oméga 3 indispensables au système immunitaire…

Mais aussi votre microbiote intestinal (les milliards de micro-organismes, bactéries, levures et autres présents dans votre tube digestif) se déséquilibre, laissant plus de place aux bactéries et virus pathogènes. Surtout, vous risquez à terme une porosité intestinale (dégradation de la barrière à l’entrée en quelque sorte), laissant entrer différentes molécules dans votre corps, que ce soient des protéines non dégradées, ou même des pathogènes, qui auraient dû rester dans l’intestin pour être soient digérées plus finement avant absorption, soit éliminées… Ce passage non contrôlé encrasse votre organisme et y crée de multiples problèmes, et en premier lieu une immunité affaiblie.

Ces deux derniers paragraphes sont un peu obscurs ? Je détaillerai chaque thème dans de futurs articles, mais j’espère que vous en aurez compris le message : un bon terrain et une bonne immunité dépendent de processus extrêmement complexes que le moindre déséquilibre peut mettre à mal, d’où l’importance d’une bonne hygiène de vie sur votre terrain.

Comment améliorer votre terrain ?

1. La première clé, l’alimentation

On en revient toujours à l’alimentation… non sans raison, car c’est souvent le facteur prédominant et surtout le plus facile à faire évoluer.

Réduire fortement ou éviter les aliments inflammatoires :

  • Aliments transformés ou ultra-transformés, qui vont souvent être bien trop riches en oméga 6, mais aussi en additifs chimiques et en sel, ayant ainsi une action pro-inflammatoire sur votre corps et impactant négativement votre microbiote et votre immunité,
  • Gluten, mais aussi céréales en général, riches en lectines (système de défense des plantes pour qu’on ne mange pas leurs graines) inflammatoires : vous pouvez en consommer, mais en quantité vraiment mesurée,
  • Produits laitiers,
  • Aliments riches en sucres raffinés.

Forcer au contraire sur les aliments anti-inflammatoires :

  • Faire le plein de légumes, à consommer au moins en partie crus pour en conserver les bienfaits. Vous pouvez vous en faire des jus pour un boost de vitamines et minéraux sans les fibres, surtout si votre intestin est fragilisé.
  • Ajoutez des sources d’acides gras oméga 3, anti-inflammatoires : petits poissons gras (sardines, maquereaux, harengs…), bonnes huiles vierges type huile de colza, lin, bourrache, noix, cameline… en assaisonnement
  • Ajoutez des légumineuses (lentilles, pois, haricots secs, …) à vos repas, mais non sans les avoir fait tremper une nuit pour retirer les anti-nutriments.
  • Enfin, privilégiez le bio, local et de saison, et écoutez aussi vos envies, car souvent votre corps vous demande ce dont il manque.

2. Bougez un peu chaque jour

L’activité physique est indispensable à plusieurs titres. Elle permet une meilleure élimination des déchets (évacuation du CO2 et donc diminution de l’acidité, mais aussi stimulation du transit). Elle fait circuler tous nos liquides (sang, lymphe…) mais surtout nous permet de relâcher les tensions !

Pratiquez 30 minutes par jour une activité physique modérée de votre choix.

3. Gérez votre stress

Stressé, notre organisme consomme beaucoup plus de nutriments (le cas du magnésium est bien connu mais n’est pas unique). Par ailleurs, un niveau élevé de cortisol (hormone du stress) dans le sang crée de l’inflammation et affaiblit notre organisme.

Pensez à faire des exercices de respiration ou de méditation avant de vous coucher, et à plusieurs reprises dans la journée, si vous êtes sensible au stress.

4. Dormez !

Dormez suffisamment d’heures pour permettre à votre corps de se régénérer, se débarrasser de ses toxines et se renforcer.

En conclusion

Vous l’avez vu, améliorer son immunité en améliorant son terrain ne se fait pas d’un coup de baguette magique, mais prend au contraire un peu de temps, surtout si votre hygiène de vie est déséquilibrée depuis longtemps. Toutefois, dès que l’on commence les changements, on en ressent immédiatement les bienfaits ! Plus d’énergie et de vitalité, meilleur transit, moins de fatigue et les idées plus claires… Cela n’est donc pas un sacerdoce 😉

L’idéal est de s’y prendre bien en amont de la période hivernale, puis ensuite de s’y tenir. Car même s’il existe des plantes très intéressantes pour renforcer l’immunité (astragale, échinacée…), que je développerai dans un autre article, les prendre au dernier moment est comme mettre un pansement sur une jambe de bois.

Pensez à faire appel à un naturopathe pour vous accompagner dans cette démarche. Son rôle sera avant tout de vous conseiller un programme personnalisé, adapté à VOTRE terrain et à VOTRE état de santé du moment. Il vous accompagnera ensuite entre chaque séance (il y en a souvent 3) pour ajuster le programme, vous remotiver si besoin ou aller plus loin si vous avez bien avancé…

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